lundi 13 septembre 2010

Me réapproprier ce terrain

Me réapproprier ce terrain qui m'appartient. Le faire pour moi. Sans contrat, sans obligation de publication, sans commande. Être vraiment libre. Être vraiment geulART.

Au cours des prochains mois, évidemment, je concentrerai mes efforts sur l'écriture de mon nouveau roman, pour lequel je suis boursier du CAC. Je placerai ma création avant celle des autres. Alors il est certain que je ne serai ni aussi régulier, ni aussi généreux de mes contributions. Mais tout à la fois, j'espère reprendre le chemin qui me menait au gueulART. J'investirai les salles d'exposition incognito. Et commenterai pour mon seul plaisir, lorsque plaisir il y aura.

Au cours des derniers mois, j'ai vu les rossignols se muer en vautours, s'arracher des lambeaux de mes textes, faire de mes droits des charpies. Je me dis que tant qu'à offrir gratuitement ce que j'écris, je ne le ferai au profit de personne d'autre. Il m'aura fallu plusieurs semaines avant de publier cette décision, mais voilà, elle est mûrement réfléchie.

Aussi, il y a que j'ai tellement vu, tellement écrit, tellement réfléchi pour les autres sur leur propre travail que j'ai fini par vivre un grave bouleversement. Je me suis vu justifier des oeuvres d'artistes qui ne savaient pas asseoir leur propre travail sur une démarche riche et étoffée. Des artistes engoncés dans le confort de la production de signes vides, évacuant d'office tout signifié, confiant de trouver un poète ou un critique pour faire la moitié de leur travail. Depuis, je me suis promis de ne plus remplir des créations vides, sans valeur intrinsèque.

Autrement, ce ne serait que poésie. Pas un mal en soi. Mais la poésie, je sais l'écrire autrement qu'en l'asservissant aux artistes.

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