dimanche 4 octobre 2009

Art nomade: Sylvie Cotton


L'une des performances fortes de la séance à laquelle j'ai assisté est sans doute possible celle de Sylvie Cotton. Une partie du public a été invitée à s'asseoir en cercle sans savoir à quoi s'attendre. Comme une trotteuse, l'artiste s'est arrêtée devant chaque personne, proposant chaque fois un échange - vêtement, apparat, objet - de telle façon que ses propres possessions se sont vues disséminées parmi le public et que tout à la fois, elle a revêtu les vêtements et apparats des participants semi-volontaires.

Ce faisant, Cotton prenait un peu de l'identité de l'Autre - le vêtement n'est-il pas fortement associé à l'identité dans notre société du paraître? Ainsi, elle devenait un peu l'Autre, mais plus encore, faisait corps avec le public.

Quelques points intéressants à noter:
  1. par tous ces échanges, l'artiste en est venue à devoir échanger des objets qui, en première instance, appartenaient à des gens du public. De cette façon, elle n'a pas créé qu'un prétexte pour elle-même rencontrer les gens (ce qui est très fréquent, même lassant, en performance; c'est comme si on voulait tellement rappeler que la perf n'est pas théâtre qu'on s'acharne à donner des coups de hache dans le quatrième mur...); elle a aussi forcé les participants à se rencontrer les uns les autres. Parce que bien sûr, à la toute fin, chacun devait se réapproprier son ou ses objets, et pour cela, entrer en relation avec des inconnus. 
  2. les participants ont été justement, pour la plupart, très participatifs. Les échanges sont allés très loin, passant par l'échange de baisers, même l'échange de sous-vêtements. «Il fallait que ça se rende jusqu'à la peau...» a-t-elle affirmé ensuite à l'un des participants. Touché!

Photos: tous droits réservés, Jean-François Caron.

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