dimanche 4 octobre 2009

Art nomade: Étienne Boulanger

Mon coup de coeur. Et ce n'est pas par chauvinisme. Au-delà d'une simple action artistique, Étienne Boulanger performe. Son action est surprenante, impressionnante, spectaculaire.

Je ne suis pas en train de dire que la performance devrait nécessairement se nourrir à la mamelle du spectacle. Je dis: ce qu'il fait me plaît, simplement. Parce qu'il prend des risques calculés. Parce qu'il est inventif. Parce qu'il ne se contente pas de bulshitter quelques actes à la va-vite en déroulant du dock tape sur le plancher le soir de l'événement: il planifie, organise, structure, évalue, construit, conçoit, crée avant de venir faire acte de présence.

L'artiste intègre même la cascade à ses oeuvres, ce qui n'est pas sans créer chaque fois un effet monstre chez les spectateurs. Il travaille à la limite de l'équilibre - ou du déséquilibre, pour ceux dont le verre n'est pas à moitié plein.

Il l'a encore fait. D'abord en équilibre entre deux chaises, comme s'il s'agissait de son cercueil - des collaborateurs chantaient des oraisons à ses côtés - tenant jusqu'à l'épuisement, il a ensuite été tracté sur une chaise droite, attachée par deux cordes tirées par des collaborateurs à toute vitesse, jusqu'à ce qu'il soit littéralement projeté dans les airs en percutant une poutre au sol. Il a ensuite rampé jusqu'à un conifère - sapin? épinette? je n'ai pas vérifié, mais j'avoue de toute façon ne jamais me souvenir lequel a des épines plates et lequel a des épines rondes... Il s'est agrippé à la tête de l'arbre qui, par un jeu de manivelles et de poulies, a été lentement pendu par le tronc, la tête en bas, avec l'artiste accroché à ses branches comme si sa survie en dépendait.

Tout cela me parle de résilience, mais aussi d'une réflexion à la fois écologique et économique. Si on pouvait revenir sur nos pas - de la mort jusqu'à la vie - même si c'était douloureux, pourrions-nous changer les choses? Difficile de ne pas faire un lien aussi avec le rapport que nous entretenons au bois dans la région. Combien de temps pourrons-nous tenir en nous agrippant à cette ressource? L'artiste, lui, à bout de force, aura dû lâcher prise...

Du bon, du beau boulot. Merci Boulanger. Merci Art nomade.









 

 

Photos: tous droits réservés, Jean-François Caron.

2 commentaires:

  1. Le sapin a des épines plates situées de chaque côté de la branche. L'épinette a des épines rondes situées tout autour de la branche. Le pin a des épines en grappes...
    : ) SB

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  2. Ceci dit, je suis d'accord avec ta critique! Je crois aussi qu'il y a des particularités très intéressantes, telle que l'élévation par le dispositif mécanique qui est un code qui revient très souvent dans les performances d'Étienne... SB

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