jeudi 3 décembre 2009

Citation du mois de décembre: Mademoiselle Personne

«...l'humilité constitue la première qualité dont doit faire preuve l'artiste devant l'oeuvre, particulièrement la sienne.»
(Marie-Christine Bernard, dans Mademoiselle Personne.)

samedi 21 novembre 2009

La performance se réincarnerait-elle?

C'est en tout cas ce qu'avance Le Monde. La performance, mal aimée des nouveaux arts dans les années 80 et 90 si on en croit l'article (il n'y a pas grand chose de potable que les années 80 aimaient de toute façon), reprendrait du poil de la bête. Et comment en vient-on à cette conclusion? Le centre Pompidou présente son Nouveau festival, s'intéressant à l'art performatif, un événement comme il n'en avait pas créé depuis ses trente-deux ans d'existence.

Sans profondeur (on ne propose qu'un survol très réducteur des performances dont il est question), l'article d'Emmanuelle Lequeux dresse toutefois un portrait réjouissant des nouvelles initiatives qui sont mises en oeuvre depuis peu.

Cela dit, il me semble qu'il faut prendre un dangereux raccourci pour en venir à dire que la performance a vécu vingt ans de parenthèses silencieuses. C'est une perception très eurocentrée. L'auteure du texte argue même que la performance est un art pauvre, et que c'est en raison de la crise économique qu'on la verrait renaître.

Or, le monde n'était pas riche dans les 80 et 90. Me semble qu'on n'en est pas à notre première crise économique. Et la performance existe bel et bien en-dehors de l'Occident, aux Philippines, en Amérique du Sud et ailleurs. C'est un peu condescendant d'en faire abstraction.

Mais bien content, quand même, que la perf reprenne la rue, si elle l'a jamais quittée. Juste peur un peu que n'importe qui se mette à faire n'importe quoi parce que c'est revenu au goût du jour.


samedi 14 novembre 2009

Modèle, l'esquisse d'un essai

Le matin était jeune. De la rive nord du Saguenay, Chicoutimi se parait d'une aube rosée. La marée basse était sans frisson. Magnifique.

J'avais rendez-vous avec Simon-Pier Lemelin pour une nouvelle séance de photos. Nous allions prendre d'assaut un champ de Laterrière où je devais déambuler en poussant un panier d'épicerie. Dans la même veine que cette chasse au baloney faite plus tôt cette année, il s'agissait de zaper les intermédiaires. Pas un retour à la terre, mais une conscience de l'origine du mangé par une proximisation des pôles les plus extrêmes de la chaîne alimentaire. 

Décidément, j'aime être modèle. C'est une expérience particulièrement stimulante intellectuellement.


Se dessine lentement dans ma tête le plan d'un essai. Je crois. Où il serait question du rapport qui se crée non pas entre l'artiste photographe et le modèle, mais entre l'oeuvre et le modèle. Le double-sens: l'oeuvre qui impose au modèle une conscientisation du réel - je ne parle pas d'une conscientisation à une cause mais d'une mise en présence au monde. Aussi la trace du modèle dans l'oeuvre photographique, dessinée à même ses possibles et ses contentions - physiques et mentales. Le modèle est un corps qui peut et ne peut pas, et tout à la fois, il est un esprit qui veut, et ne veut pas. Comme ces objets manipulés, le modèle a des limites desquelles il faut se jouer.

Je vois un bouquin où il y aurait quelques vers inspirés de mon expérience de modèle pour certains projets, mis en parallèle avec une réflexion plus théorique, entre autres une ouverture sur la manipulation d'objets et de corps au théâtre (qu'on parle de manipulation ou de mise en scène), et des photos - certaines documentant les séances de prises de vues, mais aussi des oeuvres résultant des collaborations.

Comme je le disais à Simon au retour, dans son sympathique camion brinqueballant, c'est une autre bonne idée, je crois. Le problème, ce n'est pas de les trouver, ces idées. C'est de trouver le temps de les mettre en oeuvre. Le temps d'écrire. De les bien écrire.


jeudi 12 novembre 2009

Devenir le texte de Josée Pellerin

Devenir le texte de Josée Pellerin, c'est être un texte pâle et sans image.

Fictionnalisation de la photographie

«Après 68, il était de bon ton de partir en guerre contre la fiction accusée de tare idéologique parce qu'elle leurre son lecteur ou son spectateur; périodiquement le débat ressurgit et des termes souvent bien réducteurs (...), mais on n'a peut-être pas assez pris en compte la dimension socialisante de la communication fictionnelle(...)»
De la fiction, par Roger Odin, un ouvrage dont un chapitre fort intéressant traite de la fictionnalisation de la photographie. Lu dans le cadre de l'écriture de la monographie de Josée Pellerin.

vendredi 6 novembre 2009

Josée Pellerin: une nouvelle monographie

J'ai entamé cette semaine le travail qui débouchera sur une nouvelle monographie qui sera éditée par Sagamie, celle traitant de la démarche artistique de Josée Pellerin. Ce sera déjà la quatrième publication du genre, pour moi - il y a eu auparavant Jocelyn Philibert, Eva Mayer et Annie Baillargeon (dont le lancement devrait avoir lieu bientôt).

Chaque fois c'est une expérience particulièrement enrichissante. J'ai découvert dans ce processus d'écriture un beau métissage entre la documentation et la création, une ouverture qui me réconcilie avec une écriture salope, une écriture agace, une écriture marâtre, une écriture hurlante et sans pitié. Plus souvent qu'autrement, aussi étrange que cela puisse paraître, je suis avec elle en chicane. C'est vraiment la pire des maîtresses. Parce que l'écriture ne s'efface jamais.

Hier, donc, après avoir replongé dans les oeuvres de Josée Pellerin, j'ai eu avec elle un entretien fort intéressant. Son travail, justement, rejoint mes préoccupations de métissage entre le texte et l'image. Parce que même si le texte doit lui-même faire image, et même si l'image doit pouvoir elle-même se raconter, leur jumelage - lorsque réussi - est particulièrement fertile. Les sens alors ne s'accumulent pas, ils se relancent et, dans leur agglomération, donnent naissance à de nouvelles couches sémantiques que l'on peut peler avec soin, mais qui chaque fois, au lieu de tomber, se multiplient... C'est vraiment fascinant.

J'y retourne.



Photo: oeuvre de Josée Pellerin présentée à l'Oeuvre de l'Autre dans le cadre du projet Heureusement qu'il y avait le monde autour de moi, en octobre 2007.

mercredi 4 novembre 2009

En privé avec Barbara Garant

Ici deux extraits de ma dernière chronique pour Voir Saguenay/Alma, Private room, dans laquelle je parle entre autres du récent projet de Barbara Garant à l'espace Plate-Forme du centre d'artistes Le Lobe:

«[...] Tout ça me fait penser à cette expérimentation artistique récemment vécue par Barbara Garant, à l’Espace Plate-forme du centre d’artistes Le Lobe. Pendant sept jours, elle a littéralement fait flotter la bulle de son expérience privée dans cet espace public. Volontairement confinée dans ce lieu exposé de tous les côtés, dans une mise en scène simple et coquette, elle a transformé son quotidien en spectacle, faisant étalage de ses moindres gestes, s’exposant à la fois aux regards et au jugement des passants desquels elle devenait dépendante pour se nourrir, se laver, et pour toutes les petites choses fort simples de la vie. Un spectacle en direct, une téléréalité sans écran et sans caméra, que du vrai, du ici et maintenant. Fascinant.»


Crédit de la photo: Jean.Marc E.Roy

J'en profite aussi pour annoncer que Barbara sera, au moins pour un temps, responsable de notre section arts visuels (pour Voir Saguenay/Alma). Avec tous les chambardements que j'ai vécus récemment, je me suis rendu compte qu'il fallait que je délègue un peu...

«En passant… Barbara avait déjà écrit quelques articles pour nous. Sur mon invitation, elle revient jouer de la plume dans nos pages. Riche d’une expérience singulière de l’art, motivée par cette passion qui ne lui fait pas défaut, elle s’intéressera aux arts visuels dans la région. C’est encore une fois une fierté pour moi de voir se joindre à mon équipe quelqu’un qui s’implique dans le milieu culturel plutôt que d’en être seulement le témoin passif.
Parce qu’il faut vivre la culture au grand jour pour savoir en témoigner.»

Bon retour dans les pages de Voir, Barbara. Et merci de ta collaboration.

mercredi 14 octobre 2009

Obama et l'art moderne

On se demandera pourquoi, après ça, j'ai du respect pour Obama. Selon Radio-Canada, «La Maison-Blanche renouvelle sa collection d'oeuvres d'art et opte en grande partie pour l'art moderne.»

mercredi 7 octobre 2009

Fréquences audios, vidéos et sonores à Séquence

Le programme de Fréquences audios, vidéos et sonores, mis de l'avant par le centre d'art contemporain Séquence, se continue cette semaine avec la présentation de la quatrième oeuvre du projet de commissariat de Nicole Gingras, Images sous verre / animations. Il s'agit de Fall / Drop / Crawl / Flip, de Nikki Forrest, que le public pourra découvrir jusqu'au 9 octobre.

Fréquences audios, vidéos et sonores sera quant à lui présenté jusqu'au 27 novembre.

Photo: Improvidéo, Légende urbaine, Claudine Cotton et Sébastien Harvey, TraficART2007 (www.sequence.qc.ca).

mardi 6 octobre 2009

Art nomade: suite à Espace Virtuel

Dans la foulée de la Rencontre internationale d'art performance Art nomade, produit par Le Lobe, on pourra assister à une soirée de performance le mercredi 7 octobre, à Espace Virtuel (19h). Seront présents pour performer Chumpun Apisuk ainsi que le duo de Ruedi Schill et Monika Günther.

À noter qu'EV partira ensuite en tournée de performance, du 13 au 19 octobre, s'arrêtant dans quatre centres d'artistes du Québec, du Nouveau-Brunswick et de la Nouvelle-Écosse. Ce Projet Trans-Maritime, à l'Ouest de Greenwich permettra à quatre artistes saguenéens de se produire: Francis O'Shaughnessy, Étienne Boulanger (photo), Stéphane Boulianne et Sara Létourneau. Le projet se soldera par la visite à EV de quatre performeurs en provenance d'Halifax.